Vers une gouvernance forestière intégrée : la stratégie Climat et Biodiversité 2026–2032 de FSC

Face à l’intensification du changement climatique et à l’érosion accélérée de la biodiversité, le Forest Stewardship Council (FSC) redéfinit son positionnement stratégique à travers la publication de son cadre Climat et Biodiversité pour la période 2026–2032. Cette nouvelle orientation marque une évolution vers une approche intégrée de la gestion forestière, envisagée comme un levier central d’atténuation, d’adaptation et de préservation des écosystèmes.

Les forêts occupent une place essentielle dans les équilibres planétaires : elles couvrent environ un tiers des surfaces terrestres, constituent d’importants puits de carbone et abritent une part majeure de la biodiversité mondiale. Leur rôle dépasse cependant les seules fonctions écologiques, puisqu’elles soutiennent également les moyens de subsistance de nombreuses populations, notamment les communautés locales et autochtones. Dans ce contexte, leur dégradation progressive représente un risque systémique à la fois environnemental et socio-économique.

La stratégie proposée par FSC repose sur trois axes complémentaires. Le premier vise à renforcer les pratiques de gestion forestière responsable afin de répondre aux objectifs internationaux en matière de climat et de biodiversité. Le second consiste à mobiliser les mécanismes de marché et les instruments financiers pour encourager ces pratiques. Enfin, le troisième axe met l’accent sur l’influence des politiques publiques et le développement de partenariats, afin d’inscrire les forêts au cœur des solutions globales.

Cette approche se distingue par son ancrage dans des principes scientifiques, l’intégration des savoirs traditionnels et un recours accru à des systèmes de suivi fondés sur des résultats mesurables. La certification FSC, déjà reconnue à l’échelle internationale, apparaît comme un outil structurant permettant d’attester des performances environnementales des modes de gestion forestière, qu’il s’agisse de production, de conservation ou de restauration.

Par ailleurs, le développement de dispositifs tels que la valorisation des services écosystémiques permet de quantifier et de reconnaître les bénéfices environnementaux liés aux forêts, notamment en matière de stockage du carbone, de protection des sols ou de qualité de l’eau. Ces mécanismes facilitent également l’accès à des financements dédiés, renforçant ainsi l’attractivité des pratiques durables.

Enfin, l’introduction d’un cadre de remédiation traduit une volonté de traiter les impacts négatifs passés en imposant des mesures de restauration écologique et de réparation sociale. Cette dimension souligne l’ambition de FSC de concilier performance environnementale, équité sociale et crédibilité des dispositifs de certification.

Dans l’ensemble, cette stratégie illustre une montée en puissance des approches systémiques dans la gouvernance forestière, où la gestion durable des forêts est envisagée comme une réponse opérationnelle aux défis conjoints du climat et de la biodiversité.

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