En SUD, la filière bois peine encore à révéler tout son potentiel économique

Longtemps perçue avant tout comme un patrimoine naturel à protéger, la forêt s’affirme désormais comme un levier stratégique pour l’économie régionale. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la filière forêt-bois cherche à franchir un cap, portée par la transition écologique et l’évolution des règles de construction.

Structurée autour de Fibois Sud, l’interprofession fédère l’ensemble des métiers, des propriétaires forestiers aux architectes. Particularité notable : elle rassemble exclusivement des organisations professionnelles. Dans une région qui compte 1,6 million d’hectares de forêts – dont près des deux tiers sont privés – la ressource est abondante, mais encore sous-exploitée.

Aujourd’hui, seule une fraction de la croissance annuelle des forêts est réellement mobilisée. La récolte régionale, comprise entre 600 000 et 700 000 m³ par an, alimente majoritairement des débouchés à faible valeur ajoutée comme le bois énergie. Le bois d’œuvre, destiné à la construction, reste minoritaire. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est donc de réorienter la production vers des usages plus rémunérateurs, tout en garantissant une gestion durable face au changement climatique.

La dynamique est soutenue par le nouveau cadre réglementaire, notamment la RE 2020, qui impose des seuils carbone plus stricts dans le bâtiment. Le bois et les matériaux biosourcés deviennent ainsi des solutions centrales. Les progrès techniques – comme le développement du CLT ou du lamellé-collé – permettent désormais de construire des immeubles de grande hauteur et des équipements publics performants.

Côté économie, la filière représente près de 2 800 entreprises et plus de 12 000 emplois, principalement des PME ancrées dans les territoires ruraux et de montagne. Pour sécuriser la demande, Fibois Sud a lancé un « Pacte bois » engageant maîtres d’ouvrage et entreprises à structurer une offre locale compétitive. L’objectif : massifier les commandes, réduire les coûts et consolider un tissu productif encore fragmenté.

La commande publique joue un rôle moteur, appuyée par des dispositifs de traçabilité comme la certification « Bois des Alpes ». Après l’élan suscité par les ouvrages en bois des Jeux olympiques d’été de 2024, la filière se tourne désormais vers les Jeux olympiques d’hiver de 2030, avec l’ambition de faire du bois local un pilier de l’héritage économique et environnemental des Alpes.

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