Le dossier Fibre Excellence connaît un nouveau tournant. Alors que ses deux dernières usines françaises de production de pâte à papier sont menacées de fermeture, l’État annonce un plan de soutien massif de 150 millions d’euros. Une aide conditionnée à un engagement clair de l’actionnaire du groupe.
Deux sites stratégiques pour la filière
Les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon figurent parmi les dernières en France à maîtriser l’ensemble du processus de fabrication de pâte à papier. À elles deux, elles emploient environ 670 salariés et font vivre plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et la logistique.
Chaque année, ces sites produisent près de 550 000 tonnes de pâte, utilisée dans de nombreux produits du quotidien : papiers, emballages, articles sanitaires. Les installations valorisent également la biomasse en générant de la vapeur, permettant de produire de l’électricité revendue au réseau.
Un plan de soutien en deux volets
Face à la menace d’une fermeture dès la mi-mars, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, propose un dispositif structuré en deux axes, pour un total de 150 millions d’euros.
Le premier volet, estimé à 75 millions d’euros, prévoit un aménagement des dettes publiques et sociales du groupe, avec un étalement sur dix ans et un abandon d’intérêts. Le site de Saint-Gaudens pourrait également être intégré au système des quotas carbone, ce qui allégerait la pression financière pesant sur l’entreprise.
Le second volet reposerait sur une garantie de l’État couvrant 50 % d’un futur plan d’investissement industriel. L’objectif : moderniser les outils de production des deux sites afin de renforcer leur compétitivité et d’assurer leur pérennité.
Un contexte économique tendu
Cette intervention intervient dans un climat particulièrement difficile pour la filière. La hausse du prix du bois en France pèse lourdement sur les coûts de production. Par ailleurs, les conditions de rachat de l’électricité produite par les usines ne permettraient plus de couvrir les charges réelles, fragilisant davantage l’équilibre financier du groupe.
L’État affiche ainsi sa volonté de préserver un maillon stratégique de la souveraineté industrielle française. Mais le soutien public reste conditionné à une implication forte de l’actionnaire, appelé à « prendre ses responsabilités » dans le redressement de l’entreprise.
L’issue des prochaines semaines sera déterminante pour l’avenir de la production française de pâte à papier et, plus largement, pour l’équilibre de la filière forêt-bois nationale.
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